En 1990, André Pichot, agriculteur généticien, propose de faire don de sa collection de gerbes de blé à la commune d'Orgères-en-Beauce. Parallèlement, des passionnés de la Beauce se réunissent chez François Chadorge, restaurateur au Quai Fleuri à Voves, pour évoquer la mise en valeur de la Beauce.Les deux initiatives sont réunies et l'association Terre de Beauce est créée le 21 juin 1992. Aujourd'hui, Terre de Beauce assure la gestion de la Maison de la Beauce et se consacre à la mise en valeur, l'animation et la promotion de la Beauce. Le programme muséographique de la Un corps de ferme est alors acheté par la commune dans le centre d'Orgères et aménagé grâce au soutien du Pays d'Accueil Haute Vallée du Loir.Maison de la Beauce se met en place sous la conduite de Jean-Marc Providence, directeur du Compa à Chartres. La Maison de la Beauce est inaugurée le … 20 mai 1995.
Depuis novembre 1998, l'association Terre de Beauce édite un bulletin d'information semestriel, lien privilégié entre les adhérents et les amis de la Beauce. Plusieurs rubriques sont traitées systématiquement : Une association en Beauce Chaque lettre met en avant une association qui contribue au développement culturel de la Beauce. Historique, activités, contacts … Terre de Beauce (Lettre 1), les Amis du château et du moulin de Talcy (Lettre 2), Estoires (Lettre 3) Bilan des activités de la Maison de la Beauce Expositions, conférences et animations Interview Terre de Beauce donne la parole à des personnes peu ou pas connus du grand public, acteurs de la vie du Pays. Jean Créteur (Lettre 1), Florence Marc (Lettre 2), James Dantan (Lettre 3) La rubrique agricole La Beauce, terre de céréales, est traditionnellement reconnue comme le Grenier de la France. Cette rubrique a pour objectif de lever le voile de manière simple sur l'agriculture. Un emploi du temps bien rempli (Lettres 1 et 2), Une culture qui se développe en Beauce : la pomme de terre (Lettre 3) La Beauce gourmande Restaurateurs avertis ou cuisiniers amateurs nous offrent à chaque numéro une recette simple et délicieuse. Le rata (Lettre 1), La tête de veau (Lettre 2), Pommes de terre farcies à la chicorée (Lettre 3) Courrier des lecteurs La parole est donnée aux lecteurs qui réagissent sur différents sujets. Le vieux-parler beauceron Grâce à des jeux, on retrouve avec le parler de nos ancêtres. La rubrique littéraire Chaque lettre est l'occasion de présenter un ouvrage qui traite de la Beauce. " Des croix de chemin en Beauce " de Guy Bataille (Lettre 1), " Le Minorquin de la Beauce " de José Cardona (Lettre 2), " Epouvantails. Le carnaval des champs " de Pierre Aucante (Lettre 3) Programme des animations de la Maison de la Beauce Tout ce qui aura lieu à la Maison de la Beauce dans les mois à venir. La lettre Terre de Beauce est, dès sa parution, envoyée aux adhérents de l'association. Vous pouvez cependant vous la procurer en nous écrivant.
Florence Marc, une jeune agricultrice en Beauce Vous êtes agricultrice à Jallans, près de Châteaudun. Est-ce un choix ? Tout à fait. Après un bac D, je me suis dirigée vers l'agriculture, en intégrant l'ESITPA (Ecole Supérieure d'Ingénieur et de Technicien pour l'Agriculture) au Vaudreuil dans l'Eure. C'est au cours de mes études que j'ai décidé de devenir agricultrice. J'ai eu l'opportunité de reprendre l'exploitation familiale que laissaient mes grands-parents et mon oncle célibataire, arrivé à l'âge de la retraite. Le fait que vos parents soient eux-mêmes agriculteurs vous a t-il influencée dans votre choix ? Avoir toujours vu mes parents travailler ensemble a sans doute été un facteur déterminant. Ma mère participait aux travaux de l'exploitation et aidait mon père, cela m'a sans doute influencée. Elle a dû être contente que vous suiviez sa trace ? Mes parents ne m'ont jamais forcée : " les études d'abord " ! A l'école, nous n'étions pas nombreux d'origine agricole. Le Vaudreuil ne destine pas uniquement à devenir agriculteur. Sur les 90 élèves de ma promotion, 10 à peine le sont devenus. Les autres travaillent dans les banques, dans l'enseignement, dans l'agro-alimentaire ... Vous vous êtes donc installée en 1986, à la fin de vos études. L'installation sur l'exploitation a été un changement de rythme de vie par rapport à la vie d'étudiante. Il fallait passer de la théorie à la pratique. Bien sûr il y avait encore beaucoup à apprendre sur le terrain. Apprendre à semer, à travailler sur un tracteur toute la journée, à manipuler les outils, à régler la charrue, tout cela était nouveau pour moi. Ce n'est pas ce que l'on apprend à l'école. L'engagement dans la vie professionnelle est un souvenir marquant. Votre première récolte a dû être mémorable pour vous ? Il est vrai que la première récolte était un examen. Avais-je bien travaillé ? Etais-je capable de le faire ? Au départ, on ne sait pas ce qui nous attend. En fait, ce n'est pas la première récolte la plus difficile. Mes parents étaient là, je n'étais pas complètement lâchée. Quand on sort de l'école, on a plein d'idées, plein de projets. La pratique ramène à la réalité. L'exploitation avait un passé, j'ai donc respecté les logiques agronomiques et évolué petit à petit. D'une petite surface, 33 ha, je suis passée à 80 ha rapidement. Le parcellaire a été modifié, j'ai changé de cultures. Le contexte économique est décisif : j'ai, par exemple, commencé la culture du tournesol que j'ai arrêtée. Les hommes vous attendaient au tournant ? Ils voulaient voir ce que la " petite " avait dans le ventre. Mais je suis vite rentrée dans le " club ".Le métier d'agriculteur est très physique. Un homme est plus fort, c'est vrai. Il faut donc avoir des idées pour se soulager. Mon problème, c'est que je ne sais pas bricoler. Votre mari vous aide t-il ? Mon mari est agriculteur dans l'Eure. Nous avons deux exploitations séparées dans deux régions différentes. On ne peut pas se donner de coup de main car nos travaux ne sont pas suffisamment décalés dans le temps. Cela ne nous pose pas de problème car beaucoup de femmes travaillent à l'extérieur. On remarque qu'elles sont plus présentes sur l'exploitation quand il y a de l'élevage. La population agricole salariée en général a diminué avec la mécanisation. Le matériel moderne compense la main d'oeuvre. Le remembrement n'a t-il pas accéléré le phénomène ? C'est exact. Le remembrement a créé un gain de temps : le regroupement des parcelles permet de travailler sur une surface plus importante.Il a également permis l'irrigation. C'est à ce moment que j'ai pu faire du maïs. L'irrigation permet une sécurité de rendement, on n'arrose pas par plaisir mais en fonction d'un impondérable qui est le temps. Comment ressentez - vous l'évolution du monde agricole ? On est en train de vivre l'évolution mais sans s'en rendre compte. L'ordinateur, par exemple, est présent partout. C'est un outil pour la comptabilité, la gestion parcellaire mais je ne pense pas qu'il soit indispensable. C'est un acquis de notre génération. Notre façon de faire a été complètement modifiée, tant au niveau pratique qu'au niveau de la gestion économique.Depuis l'instauration de la PAC en 1992, les agriculteurs ont beaucoup moins de liberté. Notre travail est quantifié, nous remplissons des dossiers. Il a fallu réduire les charges pour conserver un revenu correct donc travailler de façon différente. On a longuement réfléchi à la diversification. Dans quel domaine vous êtes-vous diversifiée ? J'ai maintenant une activité professionnelle extérieure à l'exploitation. C'est une manière de me diversifier. J'ai donc limité les risques sur l'exploitation car investir dans ce que l'on ne sait pas et que l'on a pas le temps de faire comporte des risques. N'y a t-il pas une évolution dans les relations entre les agriculteurs et les citadins ? Aujourd'hui, les agriculteurs vivent comme des citadins. Je vais à la ville tous les jours pour emmener ma fille à la crèche et acheter ma baguette. Le monde bouge. Le fait que les femmes d'agriculteurs travaillent à l'extérieur crée des contacts.Je suis une consommatrice citadine malgré le fait que j'aie été élevée à l'écart dans une ferme isolée. Il faut se simplifier la vie ! Vous êtes Beauceronne. Comment percevez-vous la région ? A l'école, en Normandie, mes camarades avaient l'image de l'Eure-et-Loir comme étant la Beauce. Ce qui est faux. J'ai souvent eu le sentiment d'être cataloguée. On a l'image de la Beauce avec de très grandes exploitations à perte de vue. Mais la moyenne des surfaces d'exploitation n'est pas si importante. D'autres régions rivalisent très bien. La Beauce n'est pas monotone pour ceux qui la connaissent et qui savent la regarder. Pour ma part, j'apprécie les grandes plaines. Souvent les gens traversent la Beauce sans s'y arrêter, c'est dommage car ils ne peuvent alors pas voir combien le paysage est varié.Je suis fière d'être une Beauceronne. J'aime particulièrement le fait de travailler dans la plaine. J'aimerais d'ailleurs y être davantage car j'habite un bourg, proche d'une ville. Je ne représente pas l'agriculteur beauceron type. On sent que votre métier d'agricultrice est une passion ... C'est vrai. C'est un métier complet, manuel, mais qui nécessite de la réflexion en matière de gestion, de fiscalité, d'économie. J'aime le côté intuitif du métier. L'expérience est également importante. L'agriculteur est un éternel apprenti. Il faut toujours se remettre en question, aller chercher l'information. On fait tous les ans la même chose, mais chaque année de façon différente. Les conditions climatiques nous obligent à nous adapter et à agir en conséquence. Le temps est un guide. La première chose que je fais le matin en me levant est de regarder le temps. S'il est différent de ce que l'on avait prévu, il faut modifier son programme. Les journées ne sont jamais les mêmes. Le rythme de travail est sans cesse différent. On respecte les saisons. En hiver, les journées sont plus courtes, on rentre plus tôt. On essaie d'avoir des horaires de vie " normale ". J'ai une fille dont je dois m'occuper. L'heure du repas est souvent réservée aux appels téléphoniques ! Comment voyez-vous votre avenir ? Peut-être changerai-je un jour d'activité ... Je vais essayer de continuer dans cette voie tout en me remettant en question régulièrement. J'aime mon métier, j'aime la vie au grand air, les plaines de Beauce. Florence Marc est une agricultrice de Beauce. Elle a répondu aux questions de Terre de Beauce qui voulait en savoir plus sur le rôle de la femme dans l'agriculture aujourd'hui.
" Il est vrai que la communauté paysanne peut aujourd'hui renaître en fonction d'exigence et sur des bases modernes, rien de plus intéressant que cette renaissance d'où sortira peut-être un sens nouveau de la terre. " Henri LEFEBVRE " Le paysage est l'expression observable par les sens, à la surface de la terre, de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes… Le paysage est acte de liberté, il est une poésie calligraphiée sur la feuille blanche du climax. " Jean Robert PITTE " Aménagement du territoire, développement rural et rapport entre agriculture et environnement ont partie liée." Bernard KAYSER " Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre un réservoir sans fin pour les âges nouveaux. " Charles PEGUY
La Maison de la Beauce, c'est aussi un centre de documentation qui propose à la libre consultation des ouvrages variés sur la Beauce et les thèmes qui s'y rattachent. Vous pouvez également consulter les hebdomadaires agricoles " Horizons ", " Le Loiret Agricole et Rural " ... Le centre de documentation est ouvert aux heures d'ouverture de la Maison de la Beauce. Vous pouvez emprunter les ouvrages le vendredi.
La Maison de la Beauce propose des ateliers pédagogiques à destination des enfants. Ces activités sont adaptées aux différents niveaux scolaires. Les thèmes évoqués sont adaptables en fonction des souhaits des enseignants et des responsables de groupes. L'équipe de la Maison de la Beauce est à leur disposition pour les rencontrer afin de préparer leur visite.
Depuis 1997, l'association Terre de Beauce organise des visites de villages typiques de Beauce. Eglise, silo, château, joli lavoir, belle façade fleurie, habitat caractéristique… chaque village dévoile la richesse et la diversité de son patrimoine aux charmes insoupçonnés. Chaque mardi, jeudi et dimanche des mois de juillet et août. Le rendez-vous est fixé à 15 heures devant la mairie du village concerné. Tout village de Beauce de moins de 2500 habitants peut participer à cette opération. La commune s'engage à faire découvrir son patrimoine et à offrir un verre de l'amitié à l'issue de la visite. Guidée par un habitant passionné, la visite, gratuite, s'adresse à toutes les personnes intéressées. Le calendrier est établi pendant le premier semestre de l'année. La visite est guidée par un habitant passionné de son village. Elle est ouverte à tous, gratuite, et se termine par un verre de l'amitié offert par la commune. Depuis trois ans, chaque visite est suivie par une moyenne de 75 personnes. Les fidèles habitués sont heureux de se retrouver entre eux, s'y ajoutent les habitants des environs. Le calendrier des visites de l'an 2000 sera diffusé à partir de la fin du mois de mai.